Diffusion d’images classées X, l’ampleur d’un phénomène vu par des Sénégalais

2016 12 30 audio une video montrant une eleve de l ecole machallah et son copain en plein ebats

Avec le développement des N.T.I.C (Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication) qui a atteint une vitesse de croisière, il est devenu quasiment impensable de ne pas posséder un téléphone à la mode. Ce village planétaire dans lequel on vit aujourd’hui est hyperconnecté ! Jeunes, adultes, garçons et filles échangent via les différents sociaux, qui ne cessent de se développer au fil des ans. Cependant, par mégarde ou manque de maîtrise de l’outil qu’est le téléphone, l’intimité de nombre de gens se retrouve sur la place publique.

Comment en est-on arrivé à ce phénomène turpide ?

Loin des regards indiscrets, pas mal de gens se prennent en photo ou se filment dans des positions compromettantes. Des images déshonorantes sont de plus en plus postées sur la toile au grand dam de victimes diffamées. Prendre ces enregistrements à même de ternir l’image de toute une famille n’est-elle pas la première erreur à éviter ?

A en croire ces Sénégalais qui se sont prononcés sur la question, le premier délit demeure la prise de ces images qui ouvre la voie à toutes sortes de dérives aux conséquences fâcheuses. « Je pense qu’une femme doit être pudique et éviter ces genres de pratiques, même s’il s’agit de son mari. Nul ne sait où ces images peuvent atterrir et il faut penser aux conséquences futures », conseille cette jeune dame d’une vingtaine d’années.

Beaucoup sont ceux qui se posent la question de ce qui motive de telles pratiques aux antipodes de la religion et des us et coutumes du pays.

Nous savons pertinemment qu’il sera très difficile voire impossible de vivre, à l’ère du numérique, sans l’appareil téléphonique. Nonobstant, ne faudrait-il pas sensibiliser davantage les populations sur les dangers du phénomène des sextapes ? Surtout quand on sait qu’il en faut moins d’une minute pour que des images compromettantes fassent le tour de la planète. La plupart des gens assouvissent leur curiosité, d’autres voudront bien s’assurer qu’il s’agisse oui ou non de telle célébrité ou personnalité connue sur les images partagées.

Dans les colonnes de L’enquête, Vieux Faye condamne et conseille vivement la sensibilisation des jeunes, « Ce qu’il faut éviter en premier, c’est le fait de se filmer. Si l’islam recommande d’éteindre la lumière pendant l’acte sexuel, je ne vois pas la pertinence alors de prendre des images. Il faut penser à mettre fin à cette pratique, bien que ce serait difficile, avec les réseaux sociaux. La jeunesse est à la base de ses dérives. Il faut l’encadrer afin de trouver une solution à ce phénomène », affirme-t-il.

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  De la nécessité de juguler le phénomène des sextapes

Il est d’adage bien connu qu’« aux âmes bien nées, la valeur n’attend point le nombre des années » ! La bonne éducation, le respect de soi et de ses proches sont des piliers importants pour faire la part des choses. Vouloir séduire son conjoint ou entretenir une relation à distance ne sauraient expliquer la raison des sextapes et les dérapages qui lui font suite.

Ce n’est que la face visible de l’iceberg ! Car, en plus d’écorner grièvement l’image de la personne, d’autres en font malhonnêtement un moyen de pression une fois qu’ils tombent dessus. Sextorsion ou ‘’revenge’’, les autorités compétentes ont du pain sur la planche afin de juguler ce phénomène répugnant.

Aux risques et périls d’honnêtes gens qui se sont fait longtemps plumer par crainte d’être la risée de la société, l’organisme de contrôle qu’est la Commission de protection des données personnelles (CDP) souligne que « toute publication qui part d’une intention malveillante de nuire ou de ternir l’image ou la réputation d’une personne, peut avoir des conséquences désastreuses. La divulgation d’une photo compromettante sur un réseau social peut salir durablement la réputation d’une personne ».

Dans son arsenal juridique, le Sénégal a ce qu’il faut pour faire face à cette pratique avilissante qui vise à ternir l’image ou à escroquer en faisant dans la menace. Dans une interview, le chef de la Division du contentieux à la CDP Siradiou Bâ se voulait clair sur le phénomène. Selon lui, c’est avant la publication que ces images sont liées à la protection des données mais a contrario ne se rattachent qu’à la cybercriminalité et la vie privée.

Toutefois, se mettre à les diffuser expose l’auteur à des sanctions pouvant aller jusqu’à un emprisonnement pour cinq ans.

Moussa

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