Edito-Les incohérences politiques de Yewwi Askan Wi imputées au Conseil Constitutionnel : Dame justice a bon dos !

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La coalition Yewwi Askan Wi, par la voix de sa tête de liste nationale, Ousmane SONKO, à travers un post Facebook largement relayé par toute la presse, a reconnu sans ambages, devant le peuple sénégalais, avoir commis une faute grave, lors de la confection de sa liste nationale.  « Une dernière faute d’inattention vient compromettre notre liste nationale, tout le travail abattu par YEWWI et risque de remettre les compteurs à zéro avec l’autre coalition. Terrible et dommage“, peut-on lire dans le message.

Alors que d’aucuns parlaient de fake news, de piratage du compte de SONKO, l’homme lui-même confirmera plus tard ses propos, lors d’une conférence de presse tenue avec ses camarades de YEWWI. Il ira même plus loin en parlant de légèreté et de manque de rigueur. Le maire de Ziguinchor, tête de liste nationale de la coalition Yewwi Askan Wi, après avoir lavé à grande eau ses collaborateurs, ne manquera pas de reconnaitre une erreur humaine dans la confection de la liste départementale de Dakar et à réfuter la thèse du complot venant du Président Macky SALL dans cette affaire.

A l’époque beaucoup avaient salué cette marque de franchise peu courante dans le landernau politique. Mais, force est de constater qu’il ne s’agissait, en réalité, que d’une franchise de façade. En effet, face à ses kyrielles d’erreurs imputables à Sonko et Cie, ces derniers n’ont pas été conséquents. Convaincu que la voix judiciaire était barricadée, ils ont tenu à trouver un bouc émissaire en déplaçant le problème sur le terrain politique, là où toutes les requêtes sont recevables, quelles que soient leur caractère fantaisiste.

Quant à dame justice, elle se voit vouée aux gémonies à chaque fois qu’elle se prononce en défaveur de l’opposition. Il faut qu’elle condamne à tous les coups le pouvoir pour être qualifiée de juste et d’impartiale. A défaut, elle est manipulée par l’Exécutif. Elle devient ainsi est un véritable souffre-douleur pour l’opposition, prompte à lui reprocher toutes ses fautes.  Pour s’en convaincre, il n’est que s’intéresser à l’arrêt n°43 du 16 mai 2014, rendue par la Cour suprême au grand dam de la coalition BBY.

Ironie de l’histoire, à l’époque, c’est la majorité présidentielle qui avait saisi les juridictions pour demander l’annulation de la liste « And Defar Thiès » dans la commune de Fandène, pour le même motif qui lui est reproché aujourd’hui : ‘’Non-respect de la parité sur la liste proportionnelle.’’ Elle s’attaquait ainsi à l’arrêté portant publication des listes de candidatures, dans laquelle figurait la liste « And Defar Thiès », malgré ce manquement.

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Dans un premier temps, la coalition au pouvoir avait obtenu gain de cause auprès de la Cour d’appel de Dakar, qui avait déclaré irrecevable la liste proportionnelle « And Defar Thiès » de la commune de Fandène. Non satisfaite, la coalition « And Defar Thiès » s’était pourvue en cassation pour demander à la haute cour de casser ladite décision. Cette dernière, de manière non équivoque, avait tranché en ces termes : ‘’Il y a lieu de casser partiellement et de limiter l’irrecevabilité à la liste proportionnelle titulaire… Par ces motifs, (la cour) casse et annule partiellement l’arrêt n°43 du 16 mai 2014 de la Cour d’appel de Dakar ; limite l’irrecevabilité à la liste proportionnelle titulaire.’’

Autrement dit, alors que la Cour d’appel avait donné raison à Benno Bokk Yaakaar en déclarant irrecevable la liste proportionnelle d’And Defar Thiès pour non-respect de la parité, la Cour suprême est revenue sur la décision en limitant l’irrecevabilité à la seule liste des titulaires. En conséquences, les suppléants prenaient directement la place.

Aujourd’hui, le Conseil constitutionnel, dans sa décision, a rejeté les recours introduits par les coalitions Yewwi Askan Wi et Benno Bokk Yaakar, confirmant ainsi l’arrêté du ministre de l’intérieur également qui a rejeté la liste des suppléants au scrutin proportionnel présentée par la coalition BBY et la liste des titulaires au scrutin proportionnel présentée par la coalition YAW.

Si la « jurisprudence Fandéne » n’avait pas fait autant de bruit à l’époque, c’est parce qu’elle condamnait le pouvoir. Elle était donc forcément « juste » …  C’est dire tout simplement, que la sempiternelle question de l’indépendance de la justice est souvent remise au goût du jour, à tort ou à raison, au gré d’intérêts politiques.

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