Edito : Epinglée par l’IGE, Aminata Touré : un faux chantre de la bonne gouvernance ?

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Suite à son divorce avec le Président de la République, l’ancienne Présidente Aminata Touré s’est subitement muée en chantre de l’éthique et la bonne gouvernance dans la gestion des affaires publiques. Elle a fini par habituer les sénégalais à ses diatribes contre le régime, à chaque fois que l’occasion lui est donnée. De la troisième candidature du Patron des marron- beiges, au rapport de la Cour des comptes sur les fonds de la Covid-19, celle qui garde toujours en travers de la gorge son éviction du perchoir, saisit toutes les occasions pour montrer sa « répugnance » pour la gestion sombre des deniers publics. Sa nouvelle « alliance » avec le tonitruant député Guy Marius SAGNA semble s’inscrire d’ailleurs dans cette logique.

A moins d’opter volontairement pour une naïveté partisane, difficile de croire de « Madame propre » n’a pu découvrir « les anomalies de gestion » du régime dont elle est comptable qu’après avoir été obligée de quitter la mouvance présidentielle. Tant que j’y suis tout est bon, mais dès qu’on m’en sort tout est mauvais, pourrait-on résumer l’attitude de l’ancienne proche du Macky SALL.   

A quelle Mimi se fier ?

Une semaine après avoir déposé sur la table du président de l’Assemblée nationale une question d’actualité pour faire la lumière sur le rapport accablant de la Cour des comptes sur les fonds Covid-19, les deux députés Aminata Touré et Guy Marius Sagna ont saisi le Conseil constitutionnel pour  « arbitrage de la juridiction, sur la base de l’article 92 alinéa 1 de la Constitution en vertu duquel « Le Conseil constitutionnel connaît de la constitutionnalité des conflits de compétence entre le pouvoir exécutif et le pouvoir législatif. » Dans leur note adressée à la juridiction, les deux députés de l’opposition considèrent, malgré l’accusé de

réception de la question par qui de droit, il est à regretter le refus injustifié du gouvernement de se soumettre à ses obligations constitutionnelles en apportant les éclairages nécessaires sur la question des fonds de résilience à la Covid-19.

Par ailleurs, dans un passé plus ou moins récent, on se rappelle encore du combat farouche mené par Aminata Touré sur la traque des biens mal acquis au point que son nom soit associé à cette opération. La « dame de fer » avaient poursuivi les personnes mises en cause par la Cour de répression de l’enrichissement illicite (CREI) jusque dans leur dernier retranchement au nom de la transparence.

Ironie de l’histoire, c’est aujourd’hui, cette « figure de proue » de la bonne gouvernance qui est épinglée par l’Inspection Générale d’Etat.

La gestion ténébreuse de Mimi au CESE passée au peigne fin …

Nos confrères du « Quotidien » informent que dans ses fonctions de Présidente du Cese, Mme Touré a été mise en cause par une mission de l’Inspection générale d’Etat (Ige), sur l’utilisation de plus de 2 milliards 136 millions au moins. L’enquête de l’Ige a, entre autres, fait ressortir «une élaboration et une exécution du budget en marge des lois et règlements en vigueur, ayant entraîné des fonds budgétisés et dépensés vers des destinations inconnues». Sans oublier, assurent les inspecteurs généraux, «une violation systématique des règles applicables en matière de passation et d’exécution des marchés publics, et la signature et le paiement de contrats de communication sans intérêt ni contrepartie valable pour le Cese». S’agissant des dépenses vers des destinations inconnues, l’Ige a repéré dans les comptes du Cese, des comptes libellés «Fonds d’intervention sociale» débités de plus d’1 milliard 20 millions Cfa, ou «Œuvres sociales» décaissés de plus de 642 millions, ou «Aides & Secours» qui auraient coûté plus de 474 millions. L’Ige s’étonne de ce que le Cese dépense dans le «Fonds d’intervention sociale» près du sixième de son budget annuel. Et plus, en mettant la

dépense sous le compte 6497 qui, dans le Plan comptable de l’Etat, est destiné aux «transferts pour liquidation de passif».

A côté de ces anomalies, les vérificateurs ont noté plusieurs retraits en liquide opérés par deux assistants de l’agent comptable du Cese. Lesdits retraits, qui vont de fin janvier 2020 à la fin de la même année, dépassent le milliard 400 millions de Cfa. Les personnes interrogées par les Ige auraient affirmé aux vérificateurs que tout l’argent «était remis à la présidente, sans aucune décharge». Mieux, «toutes les dépenses étaient exécutées à la demande de la présidente», a notamment déclaré le Directeur administratif et financier de Mme Touré aux Ige. Ce faisant, les contrôleurs estiment que la présidente du Cese, «agissant en sa qualité d’ordonnateur du budget, a donné des ordres de paiement à l’agent comptable sans aucun service fait en contrepartie et à des fins qui lui sont personnelles».

L’opposition et la société civile vont -elles encore marcher ?

Après la publication du rapport d’audit du Fonds de riposte et de solidarité contre les effets du Covid-19 (Force Covid-19) de la Cour des comptes, des organisations de la Société civile se sont liguées pour exiger une suite judiciaire. Afri­kaJom Center, Osiwa, Ondh, Ong3d, Lsdh, Raddho, Réseau siggil jiguen, Frapp et Nittu deug ont animé une conférence. Elles ont donné rendez-vous au Peuple à la Place de la Nation pour exiger la satisfaction de 4 points. Il s’agit de la démission des autorités incriminées, du remboursement des sommes détournées ou de la confiscation de leurs biens matériels ou fonciers, de l’ouverture d’une information judiciaire pour chaque personne épinglée et de la mise sur pied d’un comité de suivi avec des membres de la Société civile pour suivre les recommandations de la Cour des comptes.

Aujourd’hui encore, l’histoire se répète. Le peuple attend de ces organisations et de l’opposition aussi la même mobilisation pour réserver le même traitement à leur nouvelle « adhérente» Aminata Touré. Faute de quoi, l’opinion sera plus que jamais convaincue d’une indignation sélective et partisane de la part de ces nouveaux « vigies » de la bonne gouvernance.

 

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